Information des parents sur l’éducation à la sexualité à l’école

Afin de permettre aux parents de tenir leur rôle de premiers éducateurs de leurs enfants, voici un point sur l’éducation à la sexualité effectuée à ce jour à l’école et prévue à partir de cette rentrée.

Ce qu’a dit Madame Schiappa

Madame Schiappa a dit qu’elle demanderait conjointement avec le ministre de l’Education nationale que les 3 séances annuelles d’éducation à la sexualité prévues par la loi de 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception soient appliquées dans toutes les écoles, tous les collèges et lycées, publics et privés. La loi dite Schiappa renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes qui vient d’être votée ne dit rien sur l’éducation sexuelle.

La secrétaire d’Etat a annoncé qu’une circulaire serait envoyée prochainement aux établissements scolaires à ce sujet, qui devrait intégrer la notion de consentement (cf ci-dessous).

Mme Schiappa a expliqué que cette éducation commençait en CP : ce n’est pas exact dans les textes, mais quasi exact dans la réalité.

En effet, la circulaire de 2003 qui définit le contenu de l’éducation à la sexualité à l’école prévoit une éducation à partir de la maternelle (cycle 1 dans le texte). Dans les faits, cette éducation commence généralement en CE1. Les témoignages montrent qu’il y a néanmoins quelques cas d’interventions en CP et maternelle. Par ailleurs, une expérimentation a été menée dans les classes de maternelle de 30 écoles il y a deux ans.

Etat des lieux de l’application de la loi

Une enquête menée en 2015 auprès de 3.000 établissements scolaires (publics et privés) par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a montré qu’un quart des écoles, 4% des collèges et 11% des lycées n’avaient mis en place aucune action ou séance d’éducation à la sexualité.

Cette enquête montre que depuis plusieurs années, la grande majorité des élèves reçoivent une éducation à la sexualité à plusieurs niveaux de leur scolarité, à partir du CE1, exceptionnellement plus tôt.

Les dernières orientations officielles

Dans son Rapport relatif à l’éducation à la sexualité de juin 2016, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes écrit : « il est temps de changer de paradigme et de passer à une sexualité synonyme de plaisir » et « fondée sur l’égalité des sexes et des sexualités ».

C’est ce que met en œuvre la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 envoyée à tous les établissements scolaires en mars 2017 par les ministères de la santé et de l’Education nationale, à l’initiative de Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem. La priorité est d’éduquer « dès le plus jeune âge ». Le plan stratégique prévoit qu’en 2023, 100 % des jeunes auront reçu une « éducation de qualité à la sexualité et aux risques liés (IST, grossesses non prévues) tout au long de leur cursus scolaire ».

Ce que prévoit la circulaire de 2003 en vigueur

« Cette éducation, qui se fonde sur les valeurs humanistes de tolérance et de liberté, du respect de soi et d’autrui, doit trouver sa place à l’école sans heurter les familles ou froisser les convictions de chacun, à la condition d’affirmer ces valeurs communes dans le respect des différentes manières de les vivre.  C’est pourquoi il est fondamental qu’en milieu scolaire l’éducation à la sexualité repose sur une éthique dont la règle essentielle porte sur la délimitation entre l’espace privé et l’espace public, afin que soit garanti le respect des consciences, du droit à l’intimité et de la vie privée de chacun. »

La circulaire prévoit que les parents soient « informés et/ou associés ».

L’éducation à la sexualité est faite :

–       soit par les professeurs (en primaire, en SVT et Enseignement moral et civique au collège),

–       soit par les infirmières scolaires,

–       soit par des personnes de l’éducation nationale formées pour (40000 personnes (professeurs ou autres) ont à ce jour été formées par les 380 formateurs existants en vue d’intervenir dans les classes),

–       soit par des intervenants extérieurs (dont des associations militantes comme le planning familial, SOS homophobie…), qu’ils soient agréés par l’Education nationale ou non (la circulaire de 2003 prévoit qu’il est possible de faire venir un intervenant extérieur non agréé).

Le contenu de l’éducation à la sexualité

Le seul document officiel de l’Education nationale définissant précisément le contenu de l’éducation sexuelle, niveau par niveau, est celui de l’OMS donné sur le site CANOPE : Standards pour l’éducation sexuelle en Europe. Ce document donne dans le détail tout ce qu’il faudrait apprendre aux enfants à l’école de 3 à 15 ans.

Même si tous les intervenants ne s’appuient pas explicitement sur ce document pour bâtir leur séance d’éducation à la sexualité, ce sont les principes sur lesquels il se fonde qui sont de plus en plus diffusés dans les formations d’intervenants et auprès des élèves, de nombreux établissements faisant toutefois exception, essentiellement privés.

Quant au Planning familial, qui intervient dans les écoles dès le primaire, il a publié le 4 septembre 2018 un document sur sa vision de l’éducation à la sexualité, qui fait explicitement référence aux standards de l’OMS.

Voici un des principes de l’éducation à la sexualité donnés dans ce document :

« L’éducation sexuelle est fondée sur l’égalité des sexes, l’autodétermination et l’acceptation de la diversité. »

Un des objectifs donnés :

« Favoriser le développement psychosexuel des individus en apprenant à exprimer des sentiments et des besoins, à mener une vie sexuelle agréable et à développer sa propre identité sexuelle et ses propres rôles de genre ».

Ce document est basé sur le principe du consentement, qui devrait intégrer la circulaire à venir : est possible tout acte pour lequel on est d’accord (avec la ou le ou les partenaires en présence).

Par conséquent, toute l’éducation prônée par ce document depuis le plus jeune âge a pour but de donner aux enfants une « vision positive de la sexualité », de leur permettre d’identifier ce qui leur plait ou pas, de comprendre que le plaisir est bon, de leur dire que cela doit être fait sans violence…tout cela afin qu’ils soient en mesure de dire de manière « éclairée » s’ils sont d’accord ou non avec les gestes qui leur seront proposés. Ce qui de manière évidente fera le bonheur des pédophiles.

Par exemple, avant 4 ans, d’après l’OMS, l’école devrait informer les enfants sur « le plaisir et la satisfaction liés au toucher de son propre corps, la masturbation enfantine précoce, la découverte de son propre corps et de ses parties génitales, le fait que le plaisir lié au contact physique est un aspect normal de la vie de chacun ».

A partir de 4 ans devrait s’ajouter une information sur « l’amitié et l’amour envers des personnes de même sexe », en vue notamment de les aider à « respecter les différentes normes en matière de sexualité ». L’enfant devra être en mesure de « discuter de sujets qui concernent la sexualité ». Le film « Le baiser de la lune », qui est présenté à des enfants dès 3 ans à l’école[1], permet d’atteindre cet objectif : il raconte l’histoire de deux poissons mâles amoureux.

A partir de 6 ans, les enfants devraient être informés sur leurs « droits sexuels » et sur « la première expérience sexuelle, l’orientation sexuelle, le comportement sexuel des jeunes (les différences de comportements sexuels) ». Ils devraient comprendre ce qu’est une « « sexualité acceptable » (mutuellement consentie, volontaire, égalitaire, adaptée à l’âge, au contexte et respectueuse de soi) ».

La sexualité visée est une sexualité hédoniste ayant pour seul but le plaisir, sans aucune dimension affective, dissociée de l’amour.

Les dangers de cette « éducation » ont été relevés par des professionnels de l’enfance, médecins et psychologues. Ils alertent depuis un an. Tout est sur leur site ici.

Nous vous invitons particulièrement à lire les témoignages et à prendre connaissance des arguments à opposer aux partisans d’une telle telle éducation sexuelle à l’école.

Les témoignages montrent que les interventions sont parfois faites sans tact et sans respect de la pudeur des élèves, leur imposant crûment le réel du sexuel des adultes à un âge précoce, parfois dès la maternelle, souvent sans que les parents soient prévenus.

Après une séance, les enfants peuvent ressentir « malaise, troubles du sommeil, sidération, évitement des supports visuels (dessins, films) avec besoin de ne pas les regarder, refus de participer à d’autres séances sur ce thème, impossibilité de reparler de ce qui s’est dit pendant ces séances « pour oublier leur contenu », sentiment de honte, d’avoir été souillé (« on m’a violée de l’intérieur »). Il s’agit là des symptômes typiquement liés à un traumatisme psychique ».

Au collège et au lycée

Des ressources pour faire l’éducation à la sexualité au collège et au lycée sont données sur le site officiel de l’Education nationale EDUSCOL ici. Elles sont accompagnées d’un Guide d’accompagnement des équipes éducatives en collège et en lycée, qui reprend les objectifs inscrits dans la circulaire de 2003 et donne le programme d’éduation à la sexualité prévu en SVT et en Enseignement moral et civique.

Ces ressources sont fortement inspirées des principes du document de l’OMS, dont les postulats de l’idéologie du genre. En particulier, l’identité sexuée est présentée comme construite, l’homosexualité et l’hétérosexualité sont mises sur le même plan (voir la fiche du thème 5)La personne est prise par « petits bouts » : le physiologique, le psychique, l’affectif et le social, sans unité entre eux. Ainsi par exemple on leur dira que « l’aspect génital de la sexualité permet d’assurer la reproduction et la survie de l’espèce » (fiche1).

Voici quelques passages des fiches données, en guise d’illustration de ces principes.

Extrait fiche 1 sur la sexualité humaine

La sexualité est un aspect central de l’être humain, tout au long de la vie et prend en compte le sexe, les identités et les rôles socialement associés aux genres, l’orientation sexuelle, l’érotisme, le plaisir, l’intimité et la reproduction.

Extrait fiche d’activités 4

3/ Travail en petit groupe :

Il s’agit d’évoquer les attentes de chaque sexe et de répondre à la question : que pensez-vous que les garçons attendent des filles ou des garçons, dans la relation amoureuse ? que pensez-vous que les filles attendent des garçons ou des filles, dans la relation amoureuse?

Dans le même esprit, constituer deux groupes en demandant de répondre à la question : quelles sont vos attentes, vos questions et vos appréhensions par rapport à la « première fois » (que ce soit le premier baiser, le premier amour, le premier rapport sexuel) ?

Extrait de la fiche du thème 5

« L’homosexualité suscite encore de vives réactions dans les discussions. La question des adolescents est de savoir si « c’est normal ou non », si « cela se voit », et « pourquoi on le devient ». Est-ce normal ? Sur le plan social ou moral, l’homosexualité a toujours existé, qu’elle soit acceptée ou réprimée, quels que soient les pays, l’histoire et les cultures. Quelles sont les raisons de l’homosexualité ? Malgré de nombreuses recherches il n’y a pas à ce jour de réponse, ni biologique, ni génétique, ni analytique. La question de l’origine de l’hétérosexualité n’est par ailleurs jamais posée. »

Autre moyen d’application concret pour les collèges et lycées : l’agence nationale de santé publique (Ministère de la santé) a envoyé fin 2016 à tous les établissements scolaires du 2nd degré un courrier leur demandant de communiquer auprès des élèves sur le dispositif Onsexprime, qui comprend un site et deux livrets à distribuer aux élèves :

–          le site onsexprime.fr (pratiques sexuelles vaginales, buccales, anales décrites dans le détail, conseils pour maximiser son plaisir, conseils pour la première fois), assorti d’une page Facebook donnant des conseils pratiques sur des cas concrets ;

–          le livret « Questions d’ados », où « La sexualité, c’est le fait d’utiliser son corps pour prendre du plaisir, seul(e) ou avec d’autres personnes » ;

–          le livret « Les premières fois », rempli de témoignages crus, comme :

« Au début, j’avais pas envie de mettre une capote pour une fellation, à cause du goût du lubrifiant… Mais j’ai vu qu’on pouvait en acheter sans lubrifiant. » Nadia

« Pour ma première fois, j’étais hyper-stressé. J’avais déjà essayé avec un autre homme mais ça lui avait fait très mal et on avait stoppé. Là, ça s’est fait très naturellement, avec un peu plus de lubrifiant ! Depuis, je me sens super léger, heureux. J’ai hâte de le revoir ! » Sébastien

Si certaines infirmières scolaires ne donnent pas suite, d’autres commandent les livrets pour les distribuer aux élèves et font la promotion du site onsexprime.fr à l’aide de l’affiche fournie, garnie de vulves, pénis, seins, strings, langues, doigts, pilules, préservatifs….

Que doivent faire les parents ?

Ne pas s’alarmer mais se renseigner auprès de l’établissement de leur enfant. Tous les établissements ne font pas de séances spécifiques et certains, pour beaucoup privés, dispensent une éducation à la sexualité qui respecte la personne dans son unité corps, cœur, esprit.

–> Demander au directeur à connaître la date et le contenu (y compris les dessins, livres et films présentés) des séances d’éducation à la sexualité. Le directeur est obligé d’informer les parents. Si les parents ne sont pas d’accord avec le contenu et si ce dernier n’est pas modifié malgré leur demande, ils ne sont pas obligés de mettre leur enfant à l’école ce jour-là.

Cette demande peut être faite :

–          lors des réunions de parents de début d’année

–          par courrier : voici un modèle fait par les professionnels de l’enfance

–> Demander confirmation que le professeur ou un membre de l’équipe éducative sera présent pendant l’intervention (exigé par la circulaire de 2003).

–> Pour le collège en 4ème, demander le contenu au professeur de SVT et regarder ce qui est dit dans le manuel. En parler avec votre enfant

Dans tous les cas, parler à son enfant, avec des mots adaptés à son âge. C’est le premier qui parle qui marque l’enfant et le protège. Et ce sont les parents qui ont les meilleurs mots pour parler à leur enfant qu’ils connaissent. Enfin, pour les plus petits, c’est aux parents de répondre à la seule question qu’ils se posent : « d’où je viens ? ».

[1] Témoignage reçu de parents du Val de Marne en 2014